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Conférence-midi

Racines et reconfigurations des liens entre ségrégation scolaire et « quasi marché » scolaire en Belgique francophone : quelles leçons?

25 avril 2023  12 h à 13 h 30

 

Depuis les premières enquêtes PISA, le système éducatif belge francophone est pointé du doigt pour ses taux élevés de ségrégation scolaire. Divers travaux ont montré le lien entre ces taux et l’existence d’un quasi-marché scolaire, combinée avec une différenciation marquée des curricula (Demeuse et Friant 2010 ; Danhier et al. 2017). Cette intervention entend revenir sur les liens entre ségrégation et quasi-marché, en les resituant dans une configuration sociale et institutionnelle précise (Bonal et Bellei 2018). Nous évoquerons les racines historiques de la ségrégation scolaire en Belgique, avant de montrer comment la forme particulière du quasi-marché scolaire est aussi inséparable de ce contexte. Nous examinerons ensuite de quelle manière la question de la ségrégation y a été problématisée ou invisibilisée politiquement, au cours des dernières décennies. Enfin, nous examinerons les reconfigurations récentes des liens entre ségrégation, marché scolaire et régulation, dans le contexte de la nouvelle gouvernance éducative (et du récent « Pacte pour un enseignement d’Excellence »).

 

PRÉSENTATRICE

  • Marie Verhoeven

    Professeure de sociologie à l’UCLouvain (Belgique francophone) et chercheure « senior » au GIRSEF (Groupe Interdisciplinaire de recherche sur la socialisation, l’éducation et la formation), dont elle a été (co-)directrice de 2019 à 2022. Ses recherches portent sur les fonctions de socialisation et de régulation normative à l’école ( normativité, modèles d’autorité et de discipline, politiques de lutte contre le décrochage et la violence) et leurs transformations au cours de la « seconde modernité » ; sur le traitement scolaire de la « diversité » en éducation, les politiques éducatives en matière d’équité, d’intégration et d’inclusion, ainsi que sur les « carrières » scolaires et identitaires d’élèves issus de groupes minorisés ; et plus largement sur l’articulation des injustices « redistributives », « recognitives » et « capacitaires » en éducation.

     

    Conférence coorganisée par la Chaire en relations ethniques et le CRIFPE.

Conférence-midi

DIvision du travail enseignant et racisme : Analyse des fragmentations et hiérarchies

8 février 2023  12h à 13h30

 

Vu de l’extérieur, l’accès à la carrière enseignante et la progression vers un emploi permanent semblent fortement régulés. L’existence d’une liste de priorité d’emploi négociée par les syndicats de l’enseignement fonde l’impression d’une voie unique vers la sécurité d’emploi. Les récits recueillis auprès d’enseignantes et d’enseignants de groupes racisés dans le cadre de ma recherche doctorale ont, au contraire, mis en évidence l’existence de multiples affectations en enseignement précaires ne conduisant pas à un emploi permanent (Larochelle-Audet, 2019). À partir de ces constats, l’ethnographie institutionnelle (Smith, 2005/2018) menée, notamment par l’analyse de conventions collectives en enseignement, a permis de rendre explicite l’importante fragmentation et hiérarchisation des statuts d’emploi dans ce secteur. Interprétés à partir de perspectives féministes (Collins, 2016; Guillaumin, 1972/2002 ; Hamrouni, 2012 ; Kergoat, 2005, 2010), les résultats de la recherche montrent comment ces configurations hiérarchisées du travail enseignant sont propices à la (re)production du racisme et au déplacement de la domination dans cet emploi fortement féminisé. Les récits des enseignantes et enseignants montrent comment, même en situation de pénurie de personnel, les personnes racisées sont susceptibles de se voir confinées aux emplois précaires, qui sont en définitive essentiels au fonctionnement de l’institution éducative.

 

PRÉSENTATRICE

  • Julie Larochelle-Audet

    Julie Larochelle-Audet est professeure adjointe en administration de l’éducation à la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université de Montréal. Ancrées dans une perspective transformative, ses travaux de recherche portent sur la justice sociale et les rapports d’oppression dans l’organisation des institutions éducatives, et du travail des personnes y œuvrant. 

ANIMATRICE

  • Marie-Odile MagnanProfesseure titulaire, Titulaire de la Chaire en relations ethniques de l’Université de Montréal

    Cette activité est organisée conjointement par l’Équipe Inclusion et diversité ethnoculturelle en éducation et la Chaire en relations ethniques de l’Université de Montréal.